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Helsinki Bible

Informations

Lieu : HELSINKI – FINLANDE
Adresse : Kamppi TÖÖLÖNLAHTI
Maître d’Ouvrage : City of Helsinky
Surface : 10.000 m²
Coût : 30.000.000 € HT
Année : 2012
Labellisation : /
Equipe : AGENCESM
Statut : Compétition internationale
Prix/distinction : /

 

INSERTION AUTOUR D’UN ÉDIFICE EXISTANT.

La rencontre avec un livre est toujours l’occasion d’un voyage. Un vagabondage mental où l’esprit s’évade pendant que le corps, enfermé, reste immobile. La bibliothèque n’est alors qu’un sarcophage emprisonnant livres et individus dans ses murs, où la salle de lecture, vaste ventre, devient l’unique respiration d’une atmosphère confinée.
Si cette icone a traversé les derniers siècles et quelques continents, à l’heure de la dématérialisation et de l’information instantanée ce modèle est devenu totalement obsolète.
Le projet ‘rengas’ propose une évolution de ce stéréotype. Cette bibliothèque centrale restitue un paysage intérieur, une scène étrange voire exotique, un environnement décalé qui projette immédiatement le potentiel lecteur dans une merveilleuse odyssée moderne avant même d’avoir entamé une première page.
L’empilement des fonctions n’est plus inéluctable. Ainsi le bâtiment n’est pas qu’une banale superposition de plateaux thématiques. Les éléments du programme sont totemisés (verticalisés) et individualisés. Ils deviennent des tours ondoyantes dans le vide central du bâtiment. Chaque tour se frôle, tangente les parois de l’enceinte, ou flotte dans l’espace. Il résulte pourtant de ce panorama tourmenté et dynamique une lecture simplifié de l’usage du lieu. Chaque zone est immédiatement perceptible grâce à sa géométrie et sa position juxtaposée.
C’est finalement le vide qui permet le lien avec tous les étages en sous-sol, voire de la connexion avec les programmes adjacents. Les utilisateurs du centre commercial jaillissent directement dans le cœur du bâtiment par des liaisons mécanisées.
Ces appareils entretiennent un dialogue singulier avec l’enveloppe. Tout le bâtiment parle de plasticité et de mise en forme. L’aridité métallique des escalators télescope le caractère sculptural des formes en béton. Cette matière est essentielle dans la perception de l’édifice. Elle possède une force magnifique. A la fois par sa dureté qui confère au bâtiment longévité et dignité, mais aussi par sa malléabilité qui autorise toutes les contorsions ou fantaisies.
Le bâtiment fonctionne comme un anneau. Ses faces intérieures servent de rayonnage à tous les ouvrages (livres, CD, films, etc…). Ces stocks sont directement perceptibles depuis les circulations. Le visiteur s’avance donc comme un spéléologue dans le complexe culturel. La matière est à portée de bras. Il la voit, l’effleure mais le vide agit comme un rempart. Dès son accès, le visiteur est confronté à l’ampleur de la masse scientifique disponible. Cette même masse s’identifie à la chaire du bâtiment. Pendant tous ces déplacements, le visiteur est confronté aux données, mais c’est uniquement en fin de course qu’il peut la consommer.
Le projet est définitivement un outil contemporain. Le flux est l’acteur principal de la bibliothèque Toute l’animation de la construction s’effectue par la mise en scène des circulations et de leurs confrontations : trajectoires des visiteurs, mouvements des ascenseurs, ponts suspendus, déplacements des ouvrages…
Le projet finalise son intégration à la cité par le ciel. Huit dômes aériens viennent ponctuer le toit de l’édifice comme autant de nouvelles coupoles. A la fois conclusion du programme et sublime cage à oiseaux…Ils n’en sont qu’à un vol de ‘la Kansalliskirjasto’.