language
Agora

Informations

Lieu : Paris
Objet : Reconditionner l’espace agora dans la maison de la radio
Sujet : un restaurant, une librairie, un studio d’enregistrement, une plateforme
Année : 2017
Mission : Concours / Complète
Maître d’Ouvrage : Maison de la Radio
Maître d’oeuvre : Stéphane Maupin + Post Office
BET : Duck Scéno
Surface : 2.000 m²
Coût : 10 m € HT

 

« À des sensations nouvelles il fallait des mots nouveaux, et mon imagination ne me les fournissait pas. Je regardais, je pensais, j’admirais avec une stupéfaction
mêlée d’une certaine quantité d’effroi. »
Voyage au Centre de la Terre. Jules Verne chapitre XXX.

Le cœur de la Maison de la Radio doit vivre.
Il nous est aujourd’hui soumis comme un carrefour d’une rue transversale.
Notre proposition souhaite s’émanciper d’une simple confluence de fonctions autour d’un axe piéton. Nous voulons l’endroit comme un lieu à part entière. Avec son efficience, son âme, sa singularité, sa beauté. Un lieu où l’on vient avec plaisir et une surprise quotidiennement renouvelée.
Plus qu’une rue avec ses gens de passage, nous avons préféré un monde intérieur.
Voire un univers enchanteur.Savez-vous que dans un vieux manuscrit, un certain Arne Saknussemm, célèbre savant islandais du XVIe siècle, y révèle que par la cheminée du cratère du Sneffels, volcan éteint au centre de la Maison de la Radio, il a pénétré jusqu’au centre de la Terre ?Après plusieurs traversées d’écorces de la Maison de la Radio, il débouche sur une mer intérieure. Un sol miroir qui s’étale dans la totalité de l’espace de l’Agora jusqu’au limite de l’anneau extérieur. Le regard est confronté à la duplication des volumes. Le visiteur devient un témoin privilégié où les éléments du centre de la terre, du Nadir au Zénith se confondent.
« Mais qu’étaient ces cavités auprès de celle que j’admirais alors, avec son ciel de vapeurs, ses irradiations électriques et une vaste mer renfermée dans ses flancs ? »

La configuration spatiale répond au cahier des charges transmis :
Un dispositif aérien et mobile pour permettre toutes les manifestations scéniques dans le vide de l’Agora. En complément, un nuage flottant vient modifier la réverbération et permettre d’atteindre la correction attendue.
Le programme inclus une relocalisation de la table speak et de sa régie, une nouvelle librairie, et un réalotissement de la cafétéria.Le mobilier reprend les essences de bois existantes présente dans la maison de la Radio (les totems de François Stahly, les papillons de la Galerie Seine), tant pour la librairie que pour la cafétéria : Les assises de la cafeteria sont rassemblées pour devenir des esquifs surfant sur l’océan paisible. Ces larges bancs sont aussi accompagnés de tables mobiles. Les étagères de la librairie reprennent l’aspect des boites des bouquinistes installées le long de la Seine. Le tout s’exprime dans un vocabulaire unique.

L’horizon est volontairement rempli par une végétation abondante le long de la couronne extérieure interne. A la fois dans l’affirmation du mécanisme optique (le lieu n’a pas de limite cernable) mais aussi pour apporter tout l’agrément d’un confort d’été pendant les beaux jours.

L’objectif du projet est d’allier imagination et raison. Imagination d’une part, en proposant une allégorie architecturale s’inscrivant dans la continuité historique et métaphysique du site.
Raison d’autre part, en optimisant la gestion du programme au regard des spécificités circulaires.
L’Agora ne mérite-t-elle pas mieux qu’un simple bâtiment « high-tech » ; dandy ; cool ; gentil ; aimable comme n’importe quel établissement tertiaire ?

La nouvelle Agora est sobre. Riche. Lumineuse.
Elle permet au visiteur de surfer sur l’onde. D’être au centre du monde.